Fausse route : que faire, symptômes, causes et gestes en cas d’étouffement
Une fausse route correspond au passage d’un aliment, d’une boisson ou d’un objet vers les voies respiratoires alors qu’il aurait normalement dû passer dans l’œsophage et rejoindre l’estomac.
Une fausse route peut être sans gravité lorsque la personne tousse efficacement et expulse ce qui est passé dans les voies respiratoires. Mais elle peut aussi provoquer un étouffement, lorsque le corps étranger obstrue complètement le larynx ou la trachée.
La fausse route peut également être liée à un trouble de la déglutition, notamment chez les personnes âgées ou atteintes de certaines maladies neurologiques. Dans ce cas, de petites quantités d’aliments ou de liquides peuvent régulièrement passer dans les voies respiratoires et provoquer une toux, voire une pneumopathie d’inhalation.
Dans cet article, découvrez comment reconnaître une fausse route, quels gestes réaliser en cas d’étouffement et comment prévenir les récidives.
L’essentiel à retenir
- Une fausse route correspond au passage anormal d’un aliment, d’un liquide ou d’un objet dans les voies respiratoires.
- Si la personne tousse et respire, il faut la laisser tousser et ne pas réaliser de manœuvre d’expulsion.
- Si elle ne peut plus parler, tousser ou respirer correctement, il s’agit d’une obstruction sévère des voies aériennes nécessitant une intervention immédiate.
- Chez l’adulte et l’enfant de plus de 2 ans, les gestes associent claques dans le dos puis compressions abdominales si nécessaire.
- Chez le nourrisson et le petit enfant, les gestes sont différents.
- Une fausse route répétée peut révéler un trouble de la déglutition et entraîner une pneumopathie d’inhalation.
Qu’est-ce qu’une fausse route ?
Normalement, lorsque nous avalons, les aliments et les liquides passent de la bouche vers le pharynx, puis dans l’œsophage avant d’arriver dans l’estomac.
Lors d’une fausse route, une partie de ce qui est avalé se dirige vers le larynx, la trachée ou les bronches.
Il peut s’agir :
- d’un morceau d’aliment ;
- d’une boisson ;
- de salive ;
- de vomissements ;
- d’un petit objet.
Chez l’enfant, l’inhalation d’un petit objet ou d’un aliment constitue une cause importante d’étouffement. Les jeunes enfants sont particulièrement exposés car ils portent facilement les objets à la bouche.
Fausse route ou étouffement : quelle différence ?
Les deux termes sont souvent utilisés comme synonymes alors qu’ils ne désignent pas exactement la même situation.
Une fausse route peut être partielle : l’air continue à passer et la personne peut tousser.
L’étouffement correspond à une obstruction suffisamment importante des voies respiratoires pour empêcher ou fortement limiter la respiration.
Fausse route avec toux efficace
La personne :
- tousse ;
- respire ;
- peut généralement parler ;
- reste consciente.
Dans cette situation, il ne faut pas pratiquer de manœuvre d’expulsion. Il faut l’encourager à tousser et la surveiller.
Obstruction sévère des voies respiratoires
La personne :
- ne peut plus parler normalement ;
- ne peut plus tousser efficacement ;
- a beaucoup de difficultés à respirer ;
- peut devenir bleue ;
- s’agite ou panique ;
- peut perdre connaissance.
Il s’agit d’une urgence vitale.
Quels sont les symptômes d’une fausse route ?
Les symptômes dépendent de la quantité inhalée et de l’importance de l’obstruction.
Toux brutale
Une toux soudaine pendant ou juste après avoir avalé est un signe très évocateur.
La toux constitue un mécanisme naturel de défense permettant d’expulser ce qui est entré dans les voies respiratoires.
Sensation d’étouffement
La personne peut avoir l’impression de ne plus pouvoir respirer correctement.
Difficulté à parler
Lors d’une obstruction importante, la personne ne parvient plus à parler normalement.
Respiration bruyante
Une respiration inhabituelle ou bruyante peut témoigner d’une obstruction des voies respiratoires.
Coloration bleue des lèvres
Une coloration bleutée des lèvres ou des extrémités traduit un manque d’oxygène et constitue un signe de gravité.
Perte de connaissance
Une obstruction complète non traitée peut rapidement provoquer une perte de connaissance puis un arrêt cardiaque.
Que faire en cas de fausse route chez un adulte ?
La conduite à tenir dépend avant tout de la capacité de la personne à tousser et respirer.
Si la personne tousse et respire
Ne tapez pas dans son dos et ne pratiquez pas la manœuvre de Heimlich.
Encouragez-la à tousser et surveillez son état.
Une toux efficace peut permettre d’expulser spontanément le corps étranger.
Si la personne ne peut plus parler, tousser ou respirer
Il faut agir immédiatement.
1. Appelez les secours
Appelez le 15 ou le 112.
Demandez à quelqu’un d’autre d’appeler si vous êtes plusieurs.
2. Donnez jusqu’à 5 claques dans le dos
Placez-vous sur le côté et légèrement derrière la personne.
Penchez-la vers l’avant en soutenant sa poitrine.
Donnez jusqu’à 5 claques vigoureuses entre les omoplates, avec le talon de la main.
Vérifiez après chaque claque si l’objet a été expulsé.
3. Si les claques sont inefficaces
Chez l’adulte et l’enfant de plus de 2 ans, réalisez jusqu’à 5 compressions abdominales, correspondant à la manœuvre de Heimlich.
4. Alternez les deux techniques
Continuez à alterner :
5 claques dans le dos → jusqu’à 5 compressions abdominales
jusqu’à l’expulsion du corps étranger ou la perte de connaissance.
Que faire si la personne perd connaissance ?
Si la personne devient inconsciente et ne respire plus normalement, il faut commencer immédiatement les compressions thoraciques et suivre les instructions des secours.
L’objectif est alors de prendre en charge un arrêt cardiaque tout en recherchant une éventuelle obstruction des voies respiratoires.
Que faire en cas de fausse route chez un bébé ?
Les gestes sont différents chez le nourrisson.
Si le bébé tousse et respire, il faut le laisser tousser et le surveiller.
S’il ne peut plus respirer, pleurer ou tousser efficacement, il faut réaliser les gestes adaptés au nourrisson :
- jusqu’à 5 claques dans le dos ;
- puis jusqu’à 5 compressions thoraciques si nécessaire ;
- en alternant ces gestes jusqu’à l’expulsion du corps étranger ou l’arrivée des secours.
Les compressions abdominales ne doivent pas être réalisées chez le nourrisson.
Que faire en cas de fausse route chez l’enfant ?
Chez l’enfant, la conduite dépend de son âge et de la gravité de l’obstruction.
Chez l’enfant de plus de 2 ans présentant une obstruction sévère, les gestes associent les claques dans le dos puis les compressions abdominales.
Chez le nourrisson et le petit enfant, les compressions thoraciques sont utilisées à la place des compressions abdominales.
Que ne faut-il surtout pas faire lors d’une fausse route ?
Certaines réactions instinctives peuvent aggraver la situation.
Ne pas mettre les doigts dans la bouche
Il ne faut pas chercher un corps étranger à l’aveugle avec les doigts.
Cela risque de l’enfoncer davantage dans les voies respiratoires.
Ne pas taper dans le dos si la personne tousse efficacement
Si la personne respire et tousse efficacement, laissez-la tousser.
Une manœuvre d’expulsion inutile peut déplacer le corps étranger.
Ne pas suspendre un enfant par les pieds
Cette pratique est dangereuse et ne permet pas de traiter correctement une obstruction des voies respiratoires.
Ne pas donner à boire
Tant que le problème n’est pas résolu, ne donnez pas de liquide ou de nourriture à la personne.
Que faire après une fausse route ?
La conduite dépend de ce qui s’est passé.
Si le corps étranger a été expulsé et que la personne respire normalement, une surveillance reste nécessaire.
Si la personne conserve :
- une toux importante ;
- une gêne respiratoire ;
- une respiration bruyante ;
- une douleur thoracique ;
- une voix modifiée ;
une évaluation médicale est nécessaire.
Lorsqu’un corps étranger a été inhalé mais n’a pas été clairement expulsé, une évaluation à l’hôpital peut être nécessaire, notamment avec une radiographie ou une endoscopie bronchique selon la situation.
Une fausse route peut-elle être dangereuse après coup ?
Oui.
Un petit corps étranger peut rester dans une bronche même après la disparition de l’épisode initial d’étouffement.
Il peut alors provoquer :
- une toux persistante ;
- une respiration sifflante ;
- des infections pulmonaires répétées ;
- une inflammation du poumon.
Une consultation est donc nécessaire en cas de symptômes persistants après une fausse route.
Fausse route et pneumopathie d’inhalation
Toutes les fausses routes ne provoquent pas un étouffement.
De petites quantités de salive, de liquide ou d’aliments peuvent passer régulièrement dans les voies respiratoires, notamment chez les personnes présentant un trouble de la déglutition.
Ces inhalations peuvent provoquer une pneumopathie d’inhalation, c’est-à-dire une infection ou une inflammation pulmonaire liée au passage de substances dans les voies respiratoires.
La HAS souligne que les fausses routes peuvent notamment entraîner des pneumopathies d’inhalation et une dénutrition.
Pourquoi fait-on des fausses routes à répétition ?
Les fausses routes répétées peuvent avoir plusieurs causes.
Trouble de la déglutition
La dysphagie peut empêcher une bonne coordination entre la déglutition et la protection des voies respiratoires.
Maladie neurologique
Les fausses routes sont particulièrement fréquentes chez certaines personnes atteintes de :
- maladie de Parkinson ;
- démence ;
- accident vasculaire cérébral ;
- maladies neuromusculaires.
Vieillissement
Avec l’âge, la mastication et la déglutition peuvent devenir moins efficaces.
La HAS estime que la dysphagie concerne une proportion importante des personnes âgées, notamment celles vivant en institution.
Problèmes dentaires
Une mauvaise dentition ou des prothèses dentaires mal adaptées peuvent perturber la mastication et favoriser les fausses routes.
Certains médicaments
Certains médicaments peuvent favoriser indirectement les fausses routes en provoquant une somnolence ou en altérant la vigilance et la déglutition.
La HAS cite notamment certains neuroleptiques, benzodiazépines et opioïdes parmi les médicaments pouvant contribuer au risque.
Fausse route chez la personne âgée
Chez la personne âgée, une fausse route peut être liée à une dysphagie passée inaperçue.
Certains signes doivent attirer l’attention :
- toux pendant les repas ;
- voix “mouillée” après avoir avalé ;
- aliments restant dans la bouche ;
- difficultés à avaler les comprimés ;
- perte de poids ;
- infections pulmonaires répétées.
Une évaluation de la déglutition peut alors être nécessaire.
Comment prévenir les fausses routes ?
La prévention est particulièrement importante chez les jeunes enfants et les personnes présentant des troubles de la déglutition.
Chez le jeune enfant
Il est recommandé :
- de ne pas laisser de petits objets à portée de l’enfant ;
- de respecter les recommandations d’âge des jouets ;
- d’éviter les aliments particulièrement à risque ;
- de faire manger l’enfant assis ;
- de lui apprendre à manger calmement ;
- d’éviter qu’il coure ou joue avec de la nourriture dans la bouche.
Les aliments et petits objets doivent être conservés hors de portée des jeunes enfants.
Chez la personne âgée
La prévention peut nécessiter :
- une adaptation des textures alimentaires ;
- des repas pris en position assise ;
- une prise en charge des problèmes dentaires ;
- une adaptation des médicaments ;
- une évaluation de la déglutition si nécessaire.
La HAS recommande notamment une évaluation du risque et une adaptation des textures lorsque cela est nécessaire.
Quels aliments présentent un risque d’étouffement chez l’enfant ?
Certains aliments sont particulièrement susceptibles de provoquer une obstruction des voies respiratoires chez les jeunes enfants.
Il faut notamment être prudent avec :
- les cacahuètes et fruits à coque entiers ;
- les bonbons ;
- certains morceaux de viande ;
- les aliments ronds ou de petite taille ;
- certains aliments durs ou difficiles à mâcher.
La prévention doit être adaptée à l’âge et aux capacités de mastication de l’enfant.
Quand appeler les secours ?
Appelez immédiatement le 15 ou le 112 lorsqu’une personne présentant une fausse route :
- ne peut plus respirer correctement ;
- ne peut plus parler ;
- ne peut plus tousser efficacement ;
- devient bleue ;
- perd connaissance.
Une obstruction complète des voies respiratoires peut entraîner rapidement une perte de connaissance puis un arrêt cardiaque.
Quand consulter après une fausse route ?
Une consultation médicale est recommandée lorsque :
- le corps étranger n’est pas clairement expulsé ;
- la toux persiste ;
- une gêne respiratoire persiste ;
- une respiration sifflante apparaît ;
- une douleur thoracique survient ;
- l’épisode concerne un jeune enfant ;
- des fausses routes se répètent.
FAQ sur la fausse route
Que faire si quelqu’un fait une fausse route ?
S’il peut tousser et respirer, encouragez-le à tousser et ne réalisez pas de manœuvre d’expulsion. S’il ne peut plus parler, tousser ou respirer correctement, appelez les secours et réalisez les gestes adaptés à son âge.
Faut-il taper dans le dos en cas de fausse route ?
Oui uniquement en cas d’obstruction sévère des voies respiratoires. Si la personne tousse efficacement et respire, il faut la laisser tousser.
Quand faire la manœuvre de Heimlich ?
Elle est réalisée en cas d’obstruction sévère chez l’adulte et l’enfant de plus de 2 ans, après les claques dans le dos si celles-ci sont inefficaces.
Que faire si un bébé s’étouffe ?
Chez le nourrisson présentant une obstruction sévère, on réalise des claques dans le dos puis des compressions thoraciques si nécessaire. Les compressions abdominales ne sont pas utilisées chez le nourrisson.
Une fausse route peut-elle provoquer une pneumonie ?
Oui. L’inhalation répétée d’aliments, de liquides ou de sécrétions peut provoquer une pneumopathie d’inhalation.
Pourquoi fait-on des fausses routes en mangeant ?
Elles peuvent être favorisées par une mauvaise coordination de la déglutition, une maladie neurologique, certains médicaments, des problèmes dentaires ou le vieillissement.
Peut-on faire une fausse route avec de l’eau ?
Oui. Une boisson peut passer accidentellement dans les voies respiratoires. Les fausses routes de liquide sont particulièrement fréquentes en cas de trouble de la déglutition.
Une fausse route peut-elle passer inaperçue ?
Oui. Certaines inhalations sont peu symptomatiques, notamment chez les personnes présentant des troubles neurologiques ou de la déglutition.
Conclusion
La fausse route correspond au passage anormal d’un aliment, d’un liquide ou d’un objet dans les voies respiratoires. Elle peut être bénigne lorsqu’une toux efficace permet d’expulser rapidement ce qui a été inhalé, mais elle peut devenir une urgence vitale en cas d’obstruction complète.
Le réflexe essentiel est donc de distinguer une fausse route avec toux efficace, où il faut laisser la personne tousser, d’un étouffement avec obstruction sévère, qui nécessite immédiatement l’appel des secours et les gestes de désobstruction adaptés à l’âge.
Des fausses routes répétées doivent par ailleurs faire rechercher un trouble de la déglutition, car elles peuvent favoriser une pneumopathie d’inhalation, une dénutrition et d’autres complications.

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