Traumatisme du rein : symptômes, gravité, diagnostic, traitement et récupération
Le traumatisme du rein, aussi appelé traumatisme rénal, correspond à une blessure du rein provoquée par un choc ou, plus rarement, par une plaie pénétrante.
Le rein est situé profondément dans l’abdomen, à l’arrière de la cavité abdominale. Il est relativement bien protégé par les côtes, les muscles et les organes environnants. Cependant, un choc important au niveau du flanc ou de l’abdomen peut provoquer une contusion du rein, un hématome, une déchirure du tissu rénal ou une lésion des vaisseaux qui l’alimentent.
La plupart des traumatismes rénaux peuvent être traités sans chirurgie, mais certaines lésions peuvent provoquer une hémorragie interne, une fuite d’urine ou une destruction importante du rein.
Dans cet article, découvrez les symptômes d’un traumatisme du rein, les examens permettant de le diagnostiquer, les traitements possibles et le délai de récupération.
L’essentiel à retenir
- Un traumatisme du rein survient généralement après un choc violent au niveau du flanc ou de l’abdomen.
- Une douleur lombaire ou sous les côtes peut être présente.
- Du sang dans les urines (hématurie) est un signe fréquent mais son absence ne permet pas d’exclure une lésion rénale grave.
- Le scanner abdominal avec injection est l’examen de référence chez les patients présentant un traumatisme rénal significatif.
- La majorité des traumatismes rénaux sont traités sans opération.
- Une intervention ou une embolisation peut être nécessaire en cas d’hémorragie importante ou de lésion sévère.
Qu’est-ce qu’un traumatisme du rein ?
Un traumatisme rénal est une lésion du rein provoquée par une force extérieure.
Il peut entraîner différentes lésions :
- contusion du rein ;
- hématome autour du rein ;
- fissure ou déchirure du tissu rénal ;
- hématome sous-capsulaire ;
- lésion des vaisseaux rénaux ;
- rupture des voies urinaires ;
- destruction importante du rein.
La gravité varie donc considérablement d’un patient à l’autre.
Où se trouve le rein ?
Les reins sont situés de chaque côté de la colonne vertébrale, dans la partie postérieure de l’abdomen.
Ils se trouvent approximativement sous les dernières côtes.
Cette position explique pourquoi un choc au niveau du flanc, du bas du dos ou de l’abdomen peut provoquer une lésion rénale.
Le rein gauche et le rein droit ne sont pas exactement à la même hauteur : le rein droit est généralement légèrement plus bas en raison de la présence du foie.
Quelles sont les causes d’un traumatisme du rein ?
Les traumatismes rénaux sont principalement provoqués par des traumatismes dits fermés, c’est-à-dire sans plaie pénétrante.
Accident de la route
Les accidents de voiture ou de moto peuvent provoquer une importante décélération ou un choc direct au niveau de l’abdomen et du flanc.
La ceinture de sécurité peut également participer au mécanisme traumatique.
Chute
Une chute importante peut entraîner un choc lombaire ou abdominal responsable d’une lésion rénale.
Accident de sport
Certains sports exposent davantage aux traumatismes du rein, notamment :
- rugby ;
- football ;
- sports de combat ;
- ski ;
- sports mécaniques.
Coup direct
Un coup violent dans le flanc ou le bas du dos peut provoquer une contusion rénale.
Traumatisme pénétrant
Une plaie par arme blanche, projectile ou objet perforant peut directement atteindre le rein.
Ces traumatismes sont généralement plus complexes.
Certains reins sont-ils plus fragiles ?
Oui.
Un rein déjà anormal peut être plus vulnérable à un traumatisme.
Le risque peut être augmenté en présence notamment :
- d’une hydronéphrose ;
- d’un kyste rénal important ;
- d’une tumeur ;
- d’une malformation rénale ;
- d’un rein unique ;
- de certaines maladies rénales.
Un traumatisme relativement modéré peut alors parfois entraîner une lésion importante.
Quels sont les symptômes d’un traumatisme du rein ?
Les symptômes dépendent de la gravité de la lésion.
Douleur au niveau du flanc
Une douleur située entre les dernières côtes et la hanche est fréquente.
Elle peut être ressentie d’un seul côté.
Douleur lombaire
Le traumatisme peut provoquer une douleur dans le bas du dos, particulièrement du côté atteint.
Douleur abdominale
Une lésion importante peut provoquer une douleur abdominale.
Lorsque le traumatisme s’accompagne d’autres blessures, la douleur peut être diffuse.
Sang dans les urines
La présence de sang dans les urines est appelée hématurie.
Elle peut être :
- visible à l’œil nu ;
- uniquement détectable par une analyse d’urines.
L’hématurie est un signe important après un traumatisme abdominal ou lombaire.
Cependant, l’absence de sang dans les urines n’exclut pas une lésion rénale grave.
Certaines lésions importantes des vaisseaux rénaux peuvent notamment ne pas provoquer d’hématurie.
Hématome
Un hématome ou une ecchymose peut apparaître au niveau du flanc ou du dos.
Malaise
Une hémorragie importante peut provoquer :
- faiblesse ;
- vertiges ;
- sueurs ;
- pâleur ;
- accélération du rythme cardiaque.
Baisse de tension
Une chute de la tension artérielle peut témoigner d’une hémorragie importante.
Il s’agit d’un signe de gravité.
Peut-on avoir un traumatisme du rein sans sang dans les urines ?
Oui.
C’est une information importante.
L’absence d’hématurie ne permet pas d’exclure une lésion rénale.
Elle peut notamment manquer en cas de certaines lésions vasculaires ou lorsque le système collecteur des urines n’est pas directement atteint.
Après un traumatisme important, la décision de réaliser une imagerie ne repose donc pas uniquement sur la présence ou l’absence de sang dans les urines.
Comment évalue-t-on la gravité d’un traumatisme rénal ?
Les traumatismes rénaux sont généralement classés selon leur gravité.
La classification de l’American Association for the Surgery of Trauma (AAST) distingue plusieurs grades, allant des lésions mineures aux destructions rénales majeures.
Cette classification prend notamment en compte :
- la profondeur de la déchirure ;
- les hématomes ;
- l’atteinte du système collecteur ;
- les lésions vasculaires ;
- la fragmentation ou la destruction du rein.
Le grade aide l’équipe médicale à choisir le traitement le plus adapté.
Comment diagnostique-t-on un traumatisme du rein ?
Le diagnostic repose sur le contexte du traumatisme, l’examen clinique et l’imagerie.
Examen clinique
Le médecin recherche notamment :
- douleur du flanc ;
- douleur abdominale ;
- hématome ;
- signes de saignement ;
- tension artérielle basse ;
- accélération du rythme cardiaque.
Il recherche également d’autres lésions traumatiques.
Analyse d’urines
Une bandelette urinaire ou un examen cytobactériologique des urines peut rechercher une hématurie.
Bilan sanguin
Des analyses permettent notamment de contrôler :
- l’hémoglobine ;
- la créatinine ;
- la fonction rénale ;
- la coagulation.
Scanner du rein après un traumatisme
Le scanner abdominal et pelvien avec injection de produit de contraste constitue l’examen de référence lorsque le traumatisme fait suspecter une lésion rénale significative chez un patient stable.
Il permet de visualiser :
- le rein ;
- les hématomes ;
- les déchirures ;
- les voies urinaires ;
- les vaisseaux ;
- une éventuelle fuite d’urine ;
- un saignement actif.
Le scanner permet également de rechercher d’autres lésions abdominales associées.
Peut-on voir un traumatisme du rein à l’échographie ?
L’échographie peut être utilisée dans certaines situations, notamment dans l’évaluation initiale d’un patient traumatisé.
Elle peut rechercher du liquide libre dans l’abdomen.
Cependant, elle est moins précise que le scanner pour caractériser une lésion rénale.
Quel est le traitement d’un traumatisme du rein ?
Le traitement dépend principalement :
- de la gravité de la lésion ;
- de la stabilité du patient ;
- de l’existence d’une hémorragie ;
- des lésions associées ;
- de l’état du rein controlatéral.
Surveillance : le traitement le plus fréquent
La majorité des traumatismes rénaux peuvent être traités sans chirurgie.
Une surveillance hospitalière peut comprendre :
- repos ;
- surveillance de la tension artérielle ;
- contrôle de l’hémoglobine ;
- surveillance des urines ;
- contrôle de la fonction rénale ;
- examens d’imagerie selon la gravité.
La prise en charge conservatrice permet de préserver le rein lorsqu’il n’existe pas d’indication à une intervention.
Embolisation du rein
Lorsqu’un saignement artériel persiste chez un patient stable, une embolisation artérielle peut parfois être réalisée.
Un radiologue interventionnel introduit un cathéter dans les vaisseaux afin d’obstruer précisément l’artère responsable du saignement.
Cette technique permet souvent de contrôler l’hémorragie tout en conservant le maximum de tissu rénal.
Chirurgie
Une intervention chirurgicale peut être nécessaire dans certaines situations, notamment en cas :
- d’instabilité hémodynamique persistante ;
- de lésion rénale majeure ;
- d’hémorragie incontrôlable ;
- de lésion vasculaire importante ;
- de lésions abdominales associées nécessitant une chirurgie.
Lorsque cela est possible, les chirurgiens cherchent à préserver le rein.
Une néphrectomie, c’est-à-dire l’ablation du rein, peut néanmoins être nécessaire dans certaines situations exceptionnelles.
Peut-on guérir d’un traumatisme du rein sans opération ?
Oui.
C’est même le cas de nombreux patients.
Les traumatismes rénaux de faible ou moyenne gravité sont souvent pris en charge par une surveillance sans chirurgie.
La décision dépend toutefois du grade de la lésion et surtout de l’état clinique du patient.
Combien de temps faut-il pour récupérer ?
La durée de récupération dépend de la gravité du traumatisme.
Après une lésion légère, la reprise des activités peut être relativement rapide.
Après une lésion importante, plusieurs semaines de surveillance et de limitation des efforts peuvent être nécessaires.
La reprise du sport doit être discutée avec le médecin, notamment pour les sports de contact.
Quand reprendre le sport après un traumatisme du rein ?
La reprise dépend de la gravité de la lésion et de son évolution.
Les sports exposant à un nouveau choc abdominal ou lombaire sont généralement évités pendant la période de cicatrisation.
La durée exacte est individualisée par l’équipe médicale.
Quelles sont les complications possibles ?
Un traumatisme rénal peut exceptionnellement entraîner des complications précoces ou tardives.
Hémorragie
Une lésion d’un vaisseau peut provoquer une hémorragie importante.
Fuite d’urine
Une déchirure des voies urinaires peut provoquer une fuite d’urine autour du rein.
Urinome
Une accumulation d’urine autour du rein peut former un urinome.
Infection
Une collection ou un hématome peut parfois se compliquer d’une infection.
Hypertension artérielle
Une hypertension peut exceptionnellement apparaître après un traumatisme rénal, notamment en cas de lésions vasculaires ou de compression du rein.
Dégradation de la fonction rénale
Une lésion très importante peut altérer la fonction du rein atteint.
Lorsque l’autre rein fonctionne normalement, une perte partielle ou même complète d’un rein peut néanmoins être compatible avec une vie normale.
Peut-on vivre avec un seul rein ?
Oui.
De nombreuses personnes vivent normalement avec un seul rein fonctionnel.
Un suivi médical peut néanmoins être recommandé afin de surveiller :
- la pression artérielle ;
- la fonction rénale ;
- les urines.
Traumatisme du rein et anticoagulants
La prise d’anticoagulants peut augmenter le risque de saignement ou compliquer la prise en charge d’un traumatisme.
Toute personne prenant un anticoagulant et ayant subi un traumatisme abdominal ou lombaire important doit être évaluée médicalement.
Traumatisme du rein chez l’enfant
Les traumatismes rénaux sont relativement fréquents chez l’enfant après certains accidents ou activités sportives.
La prise en charge cherche particulièrement à préserver le tissu rénal.
La stratégie d’imagerie et de surveillance est adaptée à l’âge et au contexte clinique.
Quand consulter après un choc au niveau du rein ?
Une évaluation médicale est recommandée après un traumatisme important du flanc ou de l’abdomen, particulièrement en présence de :
- douleur importante ;
- sang dans les urines ;
- malaise ;
- hématome important ;
- douleur persistante ;
- traumatisme à haute énergie.
Quand consulter en urgence ?
Une prise en charge urgente est nécessaire après un traumatisme important en cas de :
- malaise ou perte de connaissance ;
- pâleur importante ;
- sueurs froides ;
- accélération importante du cœur ;
- baisse de tension ;
- douleur abdominale intense ;
- difficulté à uriner associée à un traumatisme ;
- sang abondant dans les urines ;
- détérioration rapide de l’état général.
Une hémorragie interne peut être responsable de ces symptômes.
FAQ sur le traumatisme du rein
Comment savoir si on s’est fait mal au rein après un choc ?
Une douleur du flanc ou du bas du dos, un hématome ou du sang dans les urines peuvent évoquer une lésion rénale. Cependant, les symptômes ne permettent pas à eux seuls de déterminer la gravité du traumatisme.
Est-ce qu’un choc peut faire éclater un rein ?
Un traumatisme violent peut provoquer une déchirure importante, voire une destruction partielle ou complète du rein. Cette situation est rare mais potentiellement grave.
Peut-on avoir un traumatisme rénal sans hématurie ?
Oui. L’absence de sang dans les urines n’élimine pas une lésion rénale.
Quel examen montre une lésion du rein ?
Chez un patient stable présentant un traumatisme significatif, le scanner abdominal avec injection est l’examen de référence.
Faut-il opérer un rein traumatisé ?
Pas nécessairement. La majorité des traumatismes rénaux sont traités sans chirurgie. L’embolisation ou la chirurgie sont réservées à certaines lésions ou situations cliniques.
Combien de temps faut-il pour cicatriser ?
Cela dépend de la gravité de la lésion. Une contusion simple récupère généralement plus rapidement qu’une déchirure profonde ou une lésion vasculaire.
Peut-on faire du sport après un traumatisme du rein ?
Oui, mais la reprise doit être progressive et adaptée à la gravité de la lésion. Les sports de contact nécessitent généralement une période de restriction plus longue.
Peut-on vivre normalement après une rupture du rein ?
Oui, selon la gravité de la lésion. Même après une ablation d’un rein, il est possible de vivre normalement avec un rein fonctionnel.
Conclusion
Le traumatisme du rein peut aller d’une simple contusion à une lésion rénale sévère avec hémorragie. Il survient principalement après un accident de la route, une chute, un choc sportif ou un coup violent au niveau du flanc.
La présence de sang dans les urines est un signe important mais son absence ne permet pas d’exclure une lésion rénale. Lorsqu’un traumatisme significatif est suspecté chez une personne stable, le scanner abdominal avec injection permet de préciser la gravité de la blessure.
La plupart des traumatismes rénaux sont aujourd’hui traités sans chirurgie. Une surveillance attentive, une embolisation ou, dans les formes les plus graves, une intervention chirurgicale permettent de contrôler les complications tout en cherchant à préserver le rein.

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